POINT DE VUE

La revue de presse en cardiologie de juillet

Dr Walid Amara

Auteurs et déclarations

4 juillet 2022

Dans cette nouvelle revue de presse, le Dr Walid Amara commente trois publications :

  1. l'étude Fast-CIED : faut-il limiter la période de jeûne précédant la pose d'un stimulateur cardiaque ? [1] 

  2. l'essai PAUSE-SCD : quid de l'ablation de tachycardie ventriculaire de façon concomitante à la pose d’un défibrillateur ? [2]

  3. l'étude PARTITA : devrait-on considérer l’ablation de tachycardie ventriculaire de manière plus précoce ? [3]

  4. Les résultats du registre REPORT-HF : quels traitements reçoivent les patients avec une insuffisance cardiaque aiguë une fois sortis de l'hôpital ? Une étude menée dans 44 pays. [4]

TRANSCRIPTION

"Bonjour et bienvenue dans cette revue de presse sur Medscape. Je vais traiter aujourd’hui de quatre articles, trois en rythmologie et un qui porte sur l’insuffisance cardiaque.

Fast-CIED : limiter la période de jeûne lors de la pose d'un stimulateur cardiaque ? 

Le premier article répond une question de pratique. Souvent, la pose des simulateurs cardiaques est faite chez des patients à jeun, comme la plupart des procédures interventionnelles. Dans cette étude publiée dans Europace et qui s’appelle Fast-CIED, [1] des patients devant recevoir la pose d’un stimulateur cardiaque ont été randomisés entre deux stratégies :

  • une stratégie où ils n’étaient pas à jeun — mais ils ne mangeaient pas et ne buvaient pas dans l’heure précédant la procédure ;

  • et une procédure où ils étaient à jeun, c’est-à-dire qu’ils ne mangeaient pas d’aliments solides dans les six heures et d’aliments liquides dans les deux heures.

Deux critères primaires de jugement ont été évalués : le premier est un score de bien-être qui a été évalué sur une échelle de 0 à 10 avec différents critères pour déterminer ce score, et le deuxième critère de jugement inclut toutes les complications qui peuvent être liées au fait qu’ils aient mangé un peu trop tôt (comme par exemple les vomissements), le fait qu’ils aient inhalé, qu’il peut y avoir eu une intubation en urgence, le fait qu’il y ait des éléments qui compliquent la procédure etc. Ils ont été suivis pendant 30 jours.

Ce n’est pas une énorme étude, il y a 200 participants, dont environ une centaine de patients dans chaque groupe. Ce sont des patients globalement jeunes — "jeunes" pour le pacemaker, c’est-à-dire 70 ans d’âge moyen — globalement cela correspond à une stratégie usuelle.

Résultats : Comme on pouvait s’y attendre, le bien-être est meilleur si vous n’êtes pas à jeun que si vous êtes à jeun. Aussi, aucune complication liée à l’alimentation n’a été notée lors de la procédure et il n’y avait pas de différence entre les deux groupes à 30 jours. Cela nous encourage donc à faire plus de procédures sans vraiment laisser les patients à jeun et limiter cette période de jeûne pour ces procédures sous-locales à uniquement une heure.

Ensuite, je parlerai de deux études qui s’intéressent à l’ablation de tachycardie ventriculaire (TV).

PAUSE-SCD : ablation de TV concomitante à la pose d’un défibrillateur

L'étude est publiée par une équipe asiatique dans Circulation et s’appelle PAUSE-SCD. [2] Les chercheurs se sont intéressés à l’ablation de TV de manière concomitante à la pose du défibrillateur. Ce sont des patients qui ont une TV dans le cadre d’une cardiomyopathie dilatée ou ischémique et, à l’occasion, on décide de les implanter, et on leur fait l’ablation ou pas.

Les patients étaient répartis entre un tiers de cardiomyopathies ischémiques, un tiers de cardiomyopathies non ischémiques et un tiers de cardiomyopathies arythmogènes ; les patients étaient implantés du défibrillateur et deux jours plus tard ils avaient leur ablation. Le critère de jugement incluait les récurrences de TV, les hospitalisations cardiovasculaires et les décès.

Résultats : Le critère a été diminué de manière significative dans le groupe ablation. En fait, ce qui diminue ce sont les récurrences de TV et les chocs par le défibrillateur — à noter cependant qu’il y avait un taux de complications dans le groupe ablation d’environ 8 %.

PARTITA : considérer l’ablation de TV de manière plus précoce ?

La troisième étude s’intéresse également à l’ablation de TV. Menée par l’équipe de Paolo Della Bella, elle a été aussi publiée dans Circulation , et s’appelle PARTITA. [3] Cette fois-ci, l’étude s’intéresse au timing de l’ablation de TV chez les patients qui ont déjà un défibrillateur et à savoir, est-ce qu’on les ablate une fois qu’ils font leur premier choc approprié.

Les chercheurs ont inclus 517 patients dans une phase A (c’est-à-dire des patients qui avaient un défibrillateur) et 30 % d’entre eux au cours du suivi ont fait une tachycardie ventriculaire, dont 11 % (soit finalement 56 patients) ont eu un choc approprié. Ces patients-là ont été inclus dans la phase B (47 des 56 patients), et ont été randomisés entre ablation au moment de la tachycardie ventriculaire et traitement médical ― sachant que dans le groupe traitement médical ils n’ont pas autorisé la mise sous amiodarone ; on peut dire qu’ils n’avaient pas de modification des traitements.

Résultats : Dans le groupe ablation, il y a eu zéro décès, dans le groupe contrôle il y a eu 8 décès. Il y a eu 1 cas d’aggravation de l’insuffisance cardiaque dans le groupe ablation et 4 dans le groupe contrôle et moins de chocs dans le groupe ablation — 9 % versus 42 % dans le groupe contrôle. L’idée de cette étude est que les auteurs plaident pour considérer l’ablation de TV de manière plus précoce.

REPORT-HF : quel traitement après la sortie d’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque aiguë ?

La quatrième étude s’intéresse au traitement de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite et a été publiée dans l’European Heart Journal . [4] Les chercheurs se sont intéressés, à partir d’un registre incluant près de 8500 patients à travers le monde, au traitement que reçoivent les patients après une sortie d’hospitalisation pour une insuffisance cardiaque aiguë, dans 44 pays : c’est l’étude REPORT-HF.

Résultats : l’étude retrouve qu’uniquement 37 % des sujets recevaient les trois classes, c’est-à-dire un IEC, un bêtabloquant et un inhibiteur de récepteur de l’aldostérone. C’est très faible. Donc dans la vraie vie, ce n’est pas aussi bien que ce qui est mis dans les recommandations. Deuxièmement, plus les pays qui participaient avaient un faible niveau économique et plus ce taux était faible. Donc la conclusion est qu’« il faut améliorer et continuer la communication sur les recommandations, et également améliorer l’accès à ces différentes thérapeutiques. »

J’espère que cette revue de presse vous a intéressés et je vous souhaite une bonne journée et à très bientôt sur Medscape."

 

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